La démocratie locale à l’épreuve de la jeunesse

« Travaillez, prenez de la peine »… En ce 4 janvier 2012, le député-maire, Bernard Brochand, s’est voulu didactique dans son intervention, en préambule de la séance inaugurale du conseil municipal des jeunes de Cannes.
La véritable séance inaugurale date du 18 décembre 2009, installant une assemblée élue pour deux ans, composée de deux collèges qui tiennent une séance plénière par trimestre. Vingt-et-un jeunes lycéens pour le premier, vingt-quatre collégiens pour le second.
Un objectif triple
Le conseil municipal des jeunes est présidé par le maire, assorti de deux vice-présidents, jeunes bien sûr, et placés sous la responsabilité du premier adjoint, David Lisnard, également conseiller général de Cannes, mais aussi de l’adjointe déléguée à la Jeunesse, Françoise Bruneteaux, et du responsable administratif, David Murciano.
Ses objectifs sont : primo, de mieux faire connaître aux jeunes l’engagement dans l’action politique et la construction de « l’homme public » par le biais de rencontres et de dialogue avec le maire et les élus ; secundo, de leur faire découvrir la Ville de Cannes, le fonctionnement et les rouages de la collectivité locale ; tertio, de faire participer les jeunes à la vie de la cité, aux projets « Jeunesse » en particulier.
Avant de procéder au vote pour la désignation des deux vice-présidents, les jeunes présents dans la salle du conseil ont, soit appris, soit révisé les données brutes du fonctionnement de la démocratie locale. L’occasion, tant pour Bernard Brochand que son premier adjoint, d’envolées passionnées sinon lyriques, à propos de la philosophie de l’action comme de la liberté d’agir et de penser.
L’occasion certes pour ces jeunes d’apprendre que la Ville de Cannes a mieux traversé la crise que d’autres cités, du seul fait de sa spécificité et de sa dimension de « village international », vivant de l’industrie du tourisme et des quelque 300 jours de congrès annuels qui font vivre le palais et quelque 1 500 familles.
Cannes est encore une capitale mondiale du cinéma, mais aussi du luxe avec 43 marques internationales très exactement, 2 800 ingénieurs qui travaillent chez Thales, le premier constructeur mondial de satellites, et, dans un genre différent, 332 caméras de surveillance, soit une pour 150 habitants. Voilà, dixit le député-maire, ce qui a permis de réduire de 65% la délinquance de voie publique sur La Croisette.
Cannes compte encore plus de 800 associations dont 345, très exactement, perçoivent 24 millions d’euros de subventions. Cannes compte aussi trois ports et vit ainsi sur une industrie liée au tourisme et au monde des loisirs et des vacances, le nautisme.
A l’envie, le député-maire a multiplié les avantages de Cannes n’hésitant pas à rappeler aussi, à quelques mois de 2014 et d’une échéance décisive pour son équipe, la situation « désastreuse, corrompue et corruptrice » dans laquelle, voilà dix années, il avait trouvé cette ville dont il avait dû s’éloigner 40 années durant pour travailler.
« Rien ne vous viendra gratuit du ciel ! Ici – a renchérit le premier magistrat – il vous faudra avoir l’envie, " prendre votre pied " pour changer le quotidien de la ville. Il vous faudra être curieux pour apprendre, connaître les méandres, à commencer par la procédure qui fait que vos projets, après avoir été débattus, seront mis en application un jour prochain car c’est surtout pour cela que vous êtes là ! ».
Frédéric Jaubert
Photo : Les édiles cannois réunis à l’issue de la séance inaugurale de 2012 avec les deux vice-présidents élus, tous deux de l’institut Stanislas, Anaïs Abichacra, vice-présidente pour les collèges, et Marin De Nebehay, vice-président pour les lycées.





